09 septembre 2010
Allende, il y a quarante ans - La valise diplomatique-
samedi 4 septembre 2010
Il y a quarante ans, Allende ouvrait une nouvelle voie vers le socialisme
Le 4 septembre 1970, une coalition (allant des communistes aux socio-démocrates) porte Salvador Allende à la présidence du Chili avec un peu plus de 36 % des voix, contre 35 % pour le démocrate-chrétien Jorge Alessandri.
Dans son discours de victoire, le nouveau président promet : « Nous abolirons les monopoles qui accordent le contrôle de l’économie à quelques dizaines de familles. Nous abolirons un système fiscal(…) qui accable les pauvres et épargne les riches. Nous abolirons la grande propriété qui condamne des milliers de paysans à la servitude. Nous abolirons la mainmise étrangère sur notre industrie. » Il ajoute, ouvrant une voie encore peu fréquentée vers la transformation sociale : « Le socialisme passe par la démocratie, le pluralisme et la liberté ».
Le vent d’espoir qui souffle le long de la cordillère des Andes galvanise jusqu’aux rangs du parti socialiste français, qui a élu en 1971 un nouveau premier secrétaire : François Mitterrand. Celui-ci, particulièrement séduit par cette expérience de « Révolution dans la légalité » (1), réserve son premier voyage officiel au Chili.
A l’époque, « le fond de l’air est rouge » (2). Washington s’en émeut. Dès le 6 novembre 1970, le président américain Richard Nixon déclare devant le Conseil national de sécurité : « Notre principale préoccupation avec le Chili, c’est le fait qu’il [Allende]puisse consolider son pouvoir et que le monde ait l’impression qu’il en train de réussir.(…) Nous ne devons pas laisser l’Amérique latine penser qu’elle peut prendre ce chemin sans en subir les conséquences. » Allende a pris ses fonctions l’avant-veille.
Les jeux sont déjà faits. Le 7 octobre 1970, Richard Helms, directeur de la CIA, envoie une directive « urgente » à ses agents sur place : « Nous souhaitons que vous souteniez une action militaire qui aura lieu, dans la mesure du possible, dans un climat d’incertitude économique et politique. » Moins technique, le conseiller à la sécurité nationale, Henry Kissinger, résume : « Je ne vois pas pourquoi nous devrions laisser un pays devenir marxiste simplement parce que sa population est irresponsable. » (3) Le 11 septembre 1973, l’armée chilienne – soutenue par la presse, l’organisation fasciste Patrie et Liberté, le Parti national et les Etats-Unis – remet le peuple « dans le droit chemin ».
Trois ans, presque jour pour jour, après sa première allocution en tant que président du Chili, Allende prend la parole pour la dernière fois. La Moneda (le palais présidentiel) est sous les bombes : « Nos ennemis sont forts ; ils sont capables d’asservir le peuple. Mais ni les actes criminels ni la force des armes ne sauront contenir ce processus social. L’histoire nous appartient ; c’est le peuple qui fait l’histoire. »
En 1973 débute l’une des dictatures les plus violentes d’Amérique latine, qui fauche l’utopie de la « Révolution dans la légalité » et transforme le Chili en laboratoire planétaire du néolibéralisme. La même année, Henry Kissinger reçoit le Prix Nobel de la paix.
Renaud Lambert
(1) Lire Claire Lepage, « Le parti socialiste français face à l’expérience de l’Unité Populaire chilienne », Institut François Mitterrand, 4 mars 2008.
(2) Comme le racontent le documentaire de Chris Maker, en partie consacré au Chili d’Allende, ainsi que notre hors-série « grands reportages », « Quand le fond de l’air était rouge ».
(3) Cités par Grace Livingstone dans America’s backyard : The United States and Latin America from the Monroe doctrine to the war on terror, Zed Books, New York, 2009.
06 mars 2010
Il faut savoir arrêter une guerre perdue !, par Tahar Ben Jelloun
LE MONDE | 26.02.10 | 11h02
On aurait
bien aimé appeler au téléphone le président Barack Obama juste quelques minutes pour lui dire quelque chose de simple, quelque chose
d'évident: oubliez l'Afghanistan ! Vous ne gagnerez jamais cette guerre, pas
parce que votre armée n'est pas bonne, pas parce que l'ennemi est plus
puissant, pas parce que vous manquez d'alliés, mais simplement parce que ce
pays est fait de telle manière qu'aucune armée n'a été capable de vaincre les
rebelles sur le terrain.
Les
Soviétiques qui y avaient envoyé des centaines de milliers de soldats avaient
dû se rendre à l'évidence et se sont retirés en transmettant le problème à
l'Occident. Dans ce pays aux paysages magnifiques mais complexes et difficiles
d'accès, la barbarie a trouvé son refuge, sa source, sa grotte et nargue le
monde avec une brutalité sans pareil. Appelons cette barbarie talibans ou
trafiquants d'opium ou aventuriers sans foi ni loi. Des gens, au tempérament
qu'aucun Américain ne peut percer, ne peut comprendre, sillonnent le pays et le
ravagent.
Le 26
février 2001, jour où des talibans ont fait exploser des statues de Bouddha,
vestige d'une grande civilisation, statues de terre et de pierre érigées dans
le désert pour la spiritualité, datant du IVe au Vesiècle après Jésus-Christ,
ce jour-là, le monde civilisé a été vaincu. Ni les musulmans d'Arabie, d'Afrique
ou du Maghreb n'ont protesté et dénoncé cet acte de barbarie qui allait être
suivi par d'autres attentats cette fois-ci sur des hommes.Depuis que les
talibans ont été écartés du pouvoir, les trois quarts des morts civils sont des
Afghans.
Le pauvre
président Hamid Karzaï, élu dans les conditions que l'on sait, tente de trouver
une solution autre que militaire au problème qui ruine son pays. Il a proposé,
le 28janvier dernier à la conférence sur l'Afghanistan à Londres, une nouvelle
stratégie dite de "réconciliation" avec les talibans "modérés".
II espère que ceux-ci déposeront les armes. Il précise: "Ceux d'entre
les talibans qui ne sont pas membres d'Al-Qaida ou d'un autre réseau terroriste
sont les bienvenus s'ils veulent rentrer dans leur pays, déposer les armes et
reprendre une vie normale." Ce qu'il oublie de dire, c'est que la
modération n'existe pas dans le vocabulaire taliban.
Si notre
coup de téléphone à Obama ne suffit pas ou ne peut se faire, qu'il écoute au
moins son général, McChrystal, commandant des forces internationales en
Afghanistan qui vient de déclarer au Financial Times: "En tant que
soldat, je pense qu'il y a eu assez de combats et je crois qu'une solution
politique, comme dans tous les conflits, est inévitable." Comment y
arriver? Comment convaincre les insurgés de se mettre à table et de négocier?
Ce ne sont certainement pas des étrangers, américains ou européens, qui sauront
leur parler.
Seuls des
Afghans, sincères et sérieux, pourraient les convaincre d'accepter une paix
négociée. Ajouter à ces hommes de bonne volonté des diplomates pakistanais, car
le Pakistan joue un rôle important dans cette guerre. Il aide et accueille des
rebelles pour des raisons ethniques ou des raisons obscures, politiques,
idéologiques, liées probablement au trafic de l'opium et à l'obsession du
voisin indien.
Toute
solution devrait passer par le Pakistan qui joue une partie trouble et
dangereuse. Que le président Obama ainsi que les autres pays présents sur le
terrain décident de retirer leurs soldats. Qu'ils négocient avec le Pakistan,
qu'ils paient s'il le faut des chefs rebelles qui sont fatigués de cette
guerre, qu'ils choisissent une nouvelle stratégie pour éviter que la guerre
d'Afghanistan ne s'éternise et devienne pour Obama la tache noire de son
mandat. Comme a dit l'ambassadeur américain à Kaboul (New York Times du
26 janvier): "Envoyer des troupes supplémentaires ne fera que décaler
le jour de la passation de pouvoir aux Afghans et rendre difficile, voire
impossible, le retour de nos hommes dans un délai raisonnable."
En fait,
le problème peut se résumer à un conflit entre deux visions du monde. Et
l'expérience irakienne a bien démontré qu'on n'exporte pas la démocratie comme
on exporterait une boisson gazeuse. Seuls les Afghans peuvent décider de leur
sort, et décider d'instaurer le système démocratique ou d'imaginer un système
correspondant à leur histoire. Les valeurs de démocratie sont universelles,
mais c'est aussi une culture, une pédagogie, un travail quotidien. Il est
urgent de renoncer à la force pour trouver une solution à cette guerre. Seules
la politique, la négociation, la ruse de la raison sont capables de sauver et
ce pays et les hommes venus d'Amérique et d'Europe pour le pacifier.
Si Obama
y arrive, et il faut qu'il réussisse, il aura tout le temps et l'énergie qu'il
faut pour résoudre un autre conflit, autrement plus grave et plus complexe,
celui entre Israël et la Palestine. Plus que jamais, le Proche-Orient a besoin
de paix, a besoin de la bonne volonté américaine pour sortir de l'enfer
quotidien que connaissent, par exemple, les populations à Gaza, qui viennent en
plus de découvrir un autre adversaire, le régime égyptien cherchant sous la
pression israélienne à les étouffer en construisant un mur dans les tunnels
qu'ils ont été obligés de creuser pour survivre.
Encore une fois, ce ne sera pas par la force que ce conflit trouvera une solution mais par la diplomatie, la raison et l'intelligence du cœur.
Tahar Ben
Jelloun, écrivain
Article
paru dans l'édition du 27.02.10
20 octobre 2009
la vida loca - Sin nombre
LA VIDA LOCA
Date de sortie cinéma :
30 septembre 2009
Réalisé par Christian Poveda
Pendant seize mois, Christian Poveda revient au Salvador où il consacre tout son travail sur les maras, ces gangs ultra-violents régnant dans les banlieues pauvres de la capitale. Il réalise alors son premier long métrage, La Vida Loca,
un documentaire suivant le quotidien de jeunes salvadoriens enrôlés
malgré eux dans la Mara "18". Le 2 septembre 2009, le cinéaste est
retrouvé mort au Salvador, assassiné par balles alors qu'il revenait
d'un tournage dans une banlieue contrôlée par les gangs.
Long-métrage mexicain,français,espagnol.
Genre :Documentaire
Durée :1h30 min.
Année de production :2008
Synopsis : On les appelle les Maras. Construits sur le modèle des gangs de Los Angeles, ces groupes de jeunes sèment la terreur dans toute l'Amérique Centrale. Plongée dans les banlieues de San Salvador dans le quotidien des membres d'une armée invisible. Nouveau fléau mondial qui détruit par la violence aveugle les principes démocratiques et condamne à mort une jeunesse privée de tout espoir d'avenir.
La vida Loca - Bande-annonce VOST
envoyé par LEXPRESS. - Court métrage, documentaire et bande annonce.


Date de sortie cinéma :
21 octobre 2009
Réalisé par Cary Fukunaga
Avec Edgar Flores, Paulina Gaitan, Kristian Ferrer, plus
Des images ou des idées peuvent choquer
Long-métrage
américain,
mexicain.
Genre :
Thriller
Durée :
1h36 min
Année de production :
2009
Synopsis : Au Honduras, la jeune Sayra retrouve son père après une longue séparation. Elle va enfin réaliser son rêve, émigrer avec lui et son oncle aux Etats-Unis.Au Mexique, Casper est membre de la " Mara ", l'un des terribles gangs d'Amérique Centrale. Pour venger la mort de sa fiancée, il tue un chef de bande et prend la fuite. Sur le toit du train qui file vers le Nord, entourés de centaines de candidats à l'émigration, Sayra et Casper se rencontrent. Il fuit son passé criminel, elle espère un avenir meilleur: parviendront-ils à échapper ensemble à leur destin et à franchir la frontière ?
SIN NOMBRE - BANDE-ANNONCE VOST
envoyé par baryla. - Les dernières bandes annonces en ligne.
Gloucestershire Cheese Rolling 2009
La Cooper's Hill Cheese-Rolling and Wake se déroule tout les ans au Royaume Uni. Cette course consiste à rattraper un fromage jeter du haut d'une pente à pic. Le fromage peut atteindre les 100km/h.
10 octobre 2009
SOYEZ LES BIENVENUS
"le dictateur" Charlie Chaplin
Magnifique leçon d'humanité, appel à l'insurrection des consciences, et à la lutte pour le bonheur de tous les êtres, ce passage du Dictateur est marqué à jamais.
07 octobre 2009
L'histoire de l'OMC
Le
régime de propriété intellectuelle de l’OMC a bénéficié surtout aux
transnationales qui monopolisent les brevets, renchérissent le prix des
médicaments et encouragent la privatisation de la vie notamment via les
brevets sur les plantes, les animaux et même les gènes humains.
Dans
le domaine alimentaire, des études de la FAO montrent l’existence d’une
capacité de production capable de nourrir 12 milliards de personnes,
c’est-à-dire le double de la population mondiale actuelle.
Pourtant,
on assiste à une crise car on produit en fonction de la spéculation et
de la rentabilité des multinationales. Pour faire face à la crise
alimentaire, il faudrait renforcer l’agriculture familiale, paysanne et
communautaire. Dans la partie la plus pauvre de la planète, des
millions d’êtres humains meurent de faim tous les ans, alors que dans
le Nord on gaspille des milliards pour combattre l’obésité. Nous
gaspillons les ressources naturelles, et produisons des déchets qui
polluent la "Pachamama" : notre Terre-Mère.
Nous devons consommer
ce que nous produisons localement. Un produit importé qui traverse la
moitié de la planète est en apparence moins cher. Mais, si l’on intègre
les coûts environnementaux, de transport, d’énergie et les émissions de
carbone, il est plus coûteux.
Pour les pays du Nord, il y a un
seul modèle de développement, le leur. Le capitalisme veut nous
uniformiser et nous transformer en simple consommateur. Les modèles
uniques sur le plan économique s’accompagnent de processus
d’acculturation généralisée qui nous impose une seule culture, une
seule mode, une seule façon de penser et de voir les choses. Détruire
une culture, porter atteinte à l’identité d’un peuple, est le dommage
le plus grave que l’on peut faire à l’humanité.
Le respect et la
complémentarité pacifique et harmonieuse des cultures et économies sont
essentiels pour sauver la planète, l’humanité et la vie.
Cette vidéo a été conçue et réalisée par les intermittents du spectacle, en "copyleft" (libre de droit)... à méditer...


